MÃCHOUECH ou Méshouech ou Machaouach ou Mâchaouach ou Meshwesh ou Maxyes ou Meshawash – mSwS.w
Par Joël Guilleux (1957 – 2016) – Antikforever (2006 ?)
Notes de la rédaction
Publication réalisée dans le cadre du projet de préservation des articles menacés de disparition, initié par la SHNA.
Texte intégral
Vers 1400 av.J.C apparurent en Marmarique les Méchouech et les Libous. Leur domaine couvrait les collines littorales et l’arrière pays. Unifiés sous la conduite de « Grands Chefs » ils tentèrent de sortir de leur région et poussèrent leurs campements vers le Delta du Nil. Du XIIe au XIe siècle ces barbares fragilisèrent l’Égypte pour finalement la déstabiliser et plus tard s’en rendre maître. Les Méchouech sont connus des textes égyptiens dès la XVIIIe dynastie.
Ils sont cités comme fournissant du bétail au palais du Pharaon Amenhotep III (1390-1353/52) à Malkata (ou Malqata). Indiquant que peut-être il y avait des échanges entre eux et les Égyptiens de cette époque. Pendant le reste de la XVIIIe dynastie, les informations sur les Méchouech ou Libyens en général, sont superficielles. Cependant, on a mis au jour des représentations de Libyens (peut-être Méchouech) datant du règne d’Amenhotep IV (ou Akhenaton, 1353/52-1338), dont un remarquable papyrus qui décrit un groupe de Libyens tué par des Égyptiens.
Mais le papyrus est fragmentaire et on ne sait pas le situer dans le contexte historique. Les relations entre les Libyens et les Égyptiens au cours de la période Ramesside furent une source constante de conflit. Les reliefs de batailles représentées à Karnak datant du règne de Seti I (1294-1279) décrivent le Pharaon au combat avec des hordes de Libyens, mais le texte ne vise que les Libyens du nom de Tehenou, l’un des termes génériques Égyptien pour la Libye, au lieu de préciser un nom spécifique de tribu.
Pendant le règne suivant, Ramsès II (1279-1213) les traita durement et implanta pour les surveiller des forteresses. La présence de ces forces démontre une sérieuse menace de l’Occident. Ramsès II affirma avoir évincé les Libyens dans plusieurs textes.
Cependant, comme avec Séthi I, ceux-ci ne précisent pas si oui ou non les Méchouech étaient impliqués. Pendant le règne de Mérenptah (1213-1203) une invasion inattendue Libyenne dans le Delta et l’Oasis de l’Ouest, est enregistrée dans la 5e année de son règne. Contrairement à leurs prédécesseurs, les reliefs des batailles à Karnak donnent le nom de la tribu qui était principalement des Libou, mais les Méchouech furent également présent dans ce conflit.
En effet, Mérenptah affirma que 9100 Méchouech furent capturés. Sous le règne de Ramsès III (1184-1153), le conflit croissant entre les Égyptiens et Libyens atteint son paroxysme. Cette fois, les Méchouech furent les instigateurs de la confrontation, bien que d’autres tribus Libyennes et leurs alliés les Peuples de la Mer participèrent aux combats lors de deux importantes campagnes contre le Pharaon (An 5 et 11 de Ramsès III).
Ramsès III remporta la victoire et les Méchouech furent emprisonnés dans des camps en Moyenne-Égypte pour forcer leur assimilation à la culture Égyptienne. Beaucoup furent également enrôlés dans l’armée Égyptienne. Dans un texte datant de la Troisième Période Intermédiaire (1080-656) il est mentionné qu’il y avait cinq forces Méchouech rien que dans la zone d’Héracléopolis Magna. Malgré les tentatives pour contenir l’immigration Libyenne en Égypte, les différents souverains furent incapables de l’arrêter.
Au cours de la XXe dynastie (1186-1069), plusieurs textes mentionnent des attaques de tribus Méchouech dans Thèbes, où les ouvriers de Deir el-Médineh furent contraints de chercher asile dans le temple de Médinet Habou.
Au cours du XIe siècle, un grand nombre de Méchouech s’infiltra pacifiquement dans le Delta du Nil où régnait la XXIe dynastie (1070/69-945). Ces Mâ, le diminutif de Mâchaouach, fondèrent une sorte de chefferie, autour de la ville de Bubastis. Bien installés dans le Delta, petit à petit, ils étendirent leur territoire jusqu’au Fayoum, détenant la force armée du royaume. Leurs chefs devinrent très puissants et le fils d’un de ceux-ci, Sheshonq I, parvint à se hisser sur le trône. Il prit le pouvoir à la mort de Psousennès II (959-945) de Tanis, dont il était le Général en chef des armées et le Conseiller en chef. Il s’imposa comme Pharaon en fondant la XXIIe dynastie (945-715). Sheshonq I transféra la capitale Égyptienne à Bubastis.
La XXIIIe dynastie (818-715), concurrente, fut issue de la même famille des Mâ et se localisa à Léontopolis. On surnomme ces dynasties Libyennes. Elles furent cependant écrasées quelques années plus tard lors de l’invasion du pays par le Roi de Napata Piânkhy (747-716 – XXVe dynastie).
Pour citer cet article
Joël Guilleux, « Mâchaouach », Antikforever , (2006 ?)
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