Société d'Histoire Nord-Africaine

Imedghassen en péril : un plan d’urgence après des décennies d’attente

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Le projet de protection du mausolée royal numide d’Imedghassen, situé à Boumia dans la wilaya de Batna, connaît une nouvelle avancée. Le 14 juillet 2026, la ministre algérienne de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a demandé la finalisation de l’étude consacrée à la sécurisation et à la valorisation du site.

Daté entre la seconde moitié du IVe et le début du IIIe siècle avant notre ère, Imedghassen mesure environ 59 mètres de diamètre pour 18 mètres de hauteur. Il compte parmi les plus anciens mausolées royaux conservés d’Afrique du Nord. Depuis avril 2025, il figure avec cinq autres monuments sur la liste indicative présentée par l’Algérie à l’UNESCO sous le titre « Les Mausolées Royaux de l’Algérie antique ».

Un diagnostic 3D déjà approuvé

L’étude est conduite par le Bureau d’études Sahli Faycal pour la Direction de la culture et des arts de la wilaya de Batna. Les panneaux présentés lors de la visite ministérielle détaillent un programme organisé en trois phases.

La première phase, annoncée comme achevée et approuvée, comprend le diagnostic archéologique et structurel du monument, son relevé numérique, sa modélisation 3D et l’inventaire de ses différentes altérations.

Les documents font état d’une dégradation préoccupante du parement et du noyau interne du mausolée. Les principales causes identifiées sont les infiltrations d’eau, l’ouverture des joints, la végétation, la disparition ancienne de crampons en plomb et les conséquences de précédentes interventions.

Des interventions conservatoires d’urgence

La deuxième phase, actuellement en cours d’approbation, prévoit la délimitation juridique des zones de protection ainsi qu’un protocole d’urgence.

Les premières interventions envisagées comprennent le nettoyage à sec des joints, le retrait manuel de la végétation nuisible et la pose d’étayages temporaires et réversibles pour sécuriser les éléments instables.

Un drainage périphérique et le colmatage du couronnement supérieur sont ensuite prévus afin de limiter les infiltrations. Le comportement du monument devrait être observé pendant un cycle pluviométrique complet avant d’engager une restauration plus générale.

L’étude propose également une zone archéologique stricte d’environ 1,66 hectare et une zone de servitude de 72,61 hectares destinée à protéger les abords contre une urbanisation lourde.

Une mise en valeur encore à l’étude

La troisième phase reste prospective. Elle prévoit un aménagement respectueux du site, fondé sur des interventions minimales, des structures démontables, des passerelles légères et une amélioration de l’accueil des visiteurs.

Sources