Par Joël Guilleux (1957 – 2016) – Antikforever (2006 ?)
Notes de la rédaction
Publication réalisée dans le cadre du projet de préservation des articles menacés de disparition, initié par la SHNA.
Texte intégral
En parallèle avec les XXIIe, XXIVe, XXVe Dynasties et les royaumes locaux
La XXIIIe dynastie est marquée, comme la précédente, par l’arrivée au pouvoir de souverains Berbères, les Mâchaouach (ou Machaouach – mSwS.w). En 818, Léontopolis (ou Taremou « la terre des poissons« ) dans Delta devint un royaume indépendant des souverains de Tanis de la XXIIe dynastie, mais l’hypothèse que toute la dynastie fut Léontopolite est toujours discutable. La chronologie traditionnelle veut que Pétoubastis I (ou Padibastet I) fut le Premier Pharaon de cette dynastie, mais certains égyptologues, dont David Al Aston suggèrent une hypothèse différente. À leur avis, le fondateur de cette dynastie était Takélot II (850-825, XXIIe dynastie), qui précéda Pétoubastis I, Ioupout I, Osorkon III. Ils ne comptent pas Sheshonq IV comme Roi, puis Takélot III et Roudamon qui serait le dernier. Ils ne comptent pas Ioupout II, fils de Roudamon. Ce qui est sûr c’est que la XXIIIe dynastie va coexister, à son début, avec la XXIIe dynastie, mais elle représente une tranche de l’histoire Égyptienne qui est assez mal connue.
À partir du règne d’Osorkon III la fonction de Divines Adoratrices d’Amon devint de plus en plus importante et les filles, ou les sœurs, du souverain qui exerceront cette fonction, eurent un pouvoir à Thèbes égale à celui du Pharaon. En 747, en plus de celui de Tanis et Léontopolis, trois nouveaux royaumes, qui existaient déjà, prirent leur indépendance. Le premier depuis la ville d’Héracléopolis, dirigé par Payeftjaouembastet (754-720) gendre de Roudamon, qui adopta la titulature royale. Le deuxième à Hermopolis Magma, dirigé par Nimlot III (747-725) et le troisième à Lycopolis (ou Assiout), dirigé par Padimenti I (747-715). Tous ces « Roitelets » seront finalement défait malgré une alliance, par le Roi de Napata, Piânkhy (ou Piye, 747-716, XXVe dynastie), qui conduisait l’invasion Éthiopienne. Toutefois, ce dernier mourut en 716, sans vraiment avoir « maté » complètement l’Égypte, ce que son successeur et demi-frère Chabaka (716-707/706) se chargera de faire. En 715, s’en est fini de toutes les petites dynasties, les Kouchites restant seul maître du pouvoir.
Liste des Rois de la XXIIIe dynastie : Rois de Léontopolis
Pétoubastis I ou Padibastet I | 818 – 793 |
Ioupout I | (804 – 803) |
Sheshonq IV | 793 – 787 |
Osorkon III | 787 – 759 |
Takélot III | (764) 759 – 757 |
Roudamon ou Amonroud | 757 – 754 |
Ioupout II | 754 – 715 |
Pétoubastis I ou Padibastet
- Hr~~mri-ra~~sxai.f-m-nswt……
- nbti~~xai-m-sxm~~ti-mi-Hr-sA-ist-r~~sxtp-nTrw-m-mAat
- bik nbw~~sxm-pHti~~xwi-pDt-9
- wsr-mAat-ra~~stp.n-imn
- pA-di-bAstt~~mri-imn(-ra) , sA-Ast mri-imn
Petubatês ou Petubastês (Manéthon)

Date de règne
818 – 793 : P.A.Clayton, I.Shaw, P.Vernus, J.Yoyotte
830 – 805/0 : T.Schneider
830 – 799 : A.M.Dodson
828 – 803 : P.A.Piccione
827/22 – 802/797 : D.A.Aston
826 – 803 : J.von Beckerath
825 – 773 : N.Grimal
817 – 763 : É-Drioton
813 – 773 : D.B.Redford
Manéthon l’appelle Petubatês ou Petubastês (Africanus, Eusebius) et lui compte 40 ans de règne (Africanus) ou 25 ans (Eusebius). Il fut un Prince Bubaste (Bubastis), Roi de Léontopolis. Traditionnellement on le considère en tant que fondateur de la dynastie bien que quelques égyptologues, dont David Al Aston, placent Pétoubastis I entre Takélot II (850-825, XXIIe dynastie) qui serait le fondateur et Ioupout I. Kenneth Anderson Kitchen place l’an 1 de Pétoubastis I égal à l’an 25 de Takélot II.
D’autres égyptologues le donnent comme le fils de Takélot II et frère de Sheshonq III (825-773). La date la plus élevée de son règne, an 23, est révélée par l’inscription du Nilomètre de Thèbes et dans les annales sacerdotales de Karnak. Le règne de Takélot II (850-825 – XXIIe dynastie) vit à la nomination de son fils comme Grand Prêtre d’Amon à Thèbes l’éclatement d’une guerre civile qui marqua le début de la dislocation du régime Libyen.
Le Pharaon épousa alors Karoma III, qui fut selon certain égyptologues la fille de son demi-frère Nimlot II et il réunit ainsi plus ou moins sous son autorité Héracléopolis et Thèbes. Les relations entre cette dernière et Tanis, de ce fait, se pacifièrent légèrement durant cette période. Ce conflit est mentionné dans la célèbre chronique du Prince Osorkon (845-835) à Karnak. Comme le confirme David Al Aston, en l’an 11 du règne de ce dernier à Thèbes, une insurrection commença, dirigée par Pétoubastis I, dont les adeptes défièrent le peu d’autorité que la XXIIe dynastie avait encore dans la ville.
Le Pharaon réagit en demandant à son fils le Prince Osorkon de réprimer le soulèvement. Ce dernier réussit à garder le contrôle de la cité et brûla le corps des rebelles afin d’empêcher à leurs âmes tout espoir d’une autre vie. Malheureusement, quatre ans plus tard, en l’an 15 de Takélot II, une nouvelle révolte éclata et cette fois les forces du Prince Osorkon furent expulsés de Thèbes par Pétoubastis I.

Celui-ci profita de la guerre civile et des conflits de succession en l’an 8 de Sheshonq III (XXIIe dynastie) pour se faire couronner Roi de Léontopolis et se fit reconnaître par les villes d’Héracléopolis, Memphis et Thèbes. Son ascension au pouvoir à Thèbes provoqua une longue guerre civile entre factions rivales qui dura trois décennies. Chaque camp posséda une lignée de Grands Prêtres d’Amon. Les excavations récentes faites par l’université de Colombie (en 2005) indiquent que l’autorité de Pétoubastis I fut reconnue à Thèbes et au grand temple de l’oasis de Dakhla où son cartouche fut retrouvé.
On ignore le nom de son épouse mais il eut plusieurs enfants :
▪ Ioupout I (ou Ioupout Mériamon – ipwt mri-imn) « Ioupout l’aimé d’Amon » qu’il s’associa comme Corégent en l’an 15 de son règne.
▪ Sheshonq IV (ou Sheshonq Mériamon – SS(nq) mri-imn) « Sheshonq, l’aimé d’Amon » qui lui succéda de 793 à 787, toutefois cette filiation est incertaine et ne fait pas la majorité.
▪ Pédiamon, qui fut désigné Grand Prêtre à Thèbes en l’an 7 de son père.
▪ Pentiefânkh, qui fut désigné Vizir en l’an 8.
Ioupout I ou Iupet ou Auput
- ………………
- ………………
- ………………
- mri-imn
- ipwt~~mri-imn
Psammûs (Manéthon)

Date de règne
(804 – 803)
811 – 800 : J.von Beckerath
816 – 800 : S.Quirke
815 – 813 : A.M.Dodson
812 – 807 ? : T.Schneider
Manéthon l’appelle Psammûs et lui compte 10 ans de règne (Africanus, Eusebius). Il fut Roi de Léontopolis en corégence avec son père Pétoubastis I qui le nomma en l’an 15 de son règne. Le Nilomètre de Karnak corrobore les deux ans de cette corégence. Jürgen von Beckerath, en 2003, a avancé qu’il faudrait compter ce souverain dans la XXIIe dynastie. Cette nouvelle idée de classification est rejointe par David Al Aston, Anthony Leahy et Karl Jansen-Winkeln. |
Sheshonq IV ou Chechanq ou Chéchonq ou Scheschonq
- Hr mswti-ra (?)
- ………………
- ………………
- wsr-mAat-ra~~mri-imn
- SS(nq)~~mri-imn

Date de règne
793 – 787 : P.A.Clayton, T.Schneider
805/00 – 790 : S.Quirke
803 – 797 : P.A.Piccione
803 – 794 : J.von Beckerath
798 – 786 : A.M.Dodson
780 – 770 : I.Shaw
763 – 757 : É-Drioton
Manéthon ne le nomme pas. Il fut Roi de Léontopolis. Selon certains spécialistes il serait le fils de Sheshonq III (825-773 – XXIIe dynastie) et selon d’autres celui de Pétoubastis I et aurait eut un fils Osorkon III qui lui succéda. Kenneth Anderson Kitchen pense qu’il était l’époux de Karoma III Mérimout, la fille du Grand Prêtre d’Amon, Nimlot II (855-845) avec qui il aurait eu Osorkon III. Cette opinion n’est partagée par aucun autre spécialiste. La seule preuve de l’existence de Sheshonq IV est une courte note dans le Nilomètre de Karnak.
Osorkon III
- Hr kA-nxt~~xai-m-wAst
- nbti~~st-ib-tAwi
- bik nbw~~msi-nTrw
- wsr-mAat-ra~~stp.n-imn
- wsrkn~~sA-Ast~~mri-imn , wsrkn~~nTr-HqA-wAst
Osorchô (Manéthon)

Date de règne
787 – 759 : P.A.Clayton, N.Grimal, T.Schneider
799 – 769 : A.M.Dodson
799 – 769 : P.A.Piccione
790 – 762 : S.Quirke, J.von Beckerath
787 – 757 : P.Vernus, J.Yoyotte
773 – 745 : D.B.Redford
770 – 749 : I.Shaw
757 – 748 : É-Drioton
Manéthon l’appelle Osorchô (Africanus, Eusebius) et lui compte 8 ans de règne (Africanus) ou 9 ans (Eusebius). Il fut premier Prophète d’Amon à Thèbes et Roi de Léontopolis de 787 à 764, puis il devint co-Roi de 764 à 759 avec son fils Takélot III comme précisé par une inscription du Nilomètre de Karnak. Il fut pour certains spécialistes, dont Kenneth Anderson Kitchen, le fils de Sheshonq IV et de la Reine Karoma III Méritmout, pour d’autres, dont David Al Aston, celui de Takélot II (850-825, XXIIe dynastie) avec la même Karoma III. En plus David Al Aston identifie le Roi Osorkon III avec le Prince Osorkon (845-835), Grand Prêtre d’Amon à Thèbes, le fils de Takélot II.
Son autorité est reconnue par la chefferie Mâ (ou Mâchaouach) de Mendès, mais son pouvoir ne s’étend que jusqu’à Memphis et la Moyenne-Égypte. Sous son règne on assiste à la décadence complète de la puissance Libyenne. À cette époque une crue exceptionnelle du Nil, inonda une partie de Thèbes.

Osorkon III eut une ou deux épouses.
• Karaotet (ou Karoadjet ou Karoatjet ou Karatjat), qui est donnée par Kenneth Anderson Kitchen, avec qui il eut une fille :
▪ Chépénoupet I (ou Shapeneoupet I ou Chépénoupet Hemetnetjer Méritmout – Sp-(n)-wp(t) Hnm(t)-nTr mr(it)-mwt) « Le don d’Oupet, La Divine Adoratrice Chépénoupet, Aimée de Mout », qui fut Divine Adoratrice d’Amon en 754, mais chassée en 714 par le Roi de Napata, Piânkhy (747 – 716) qui s’empara de la Thébaïde.
• Tentsai qui lui donna deux ou trois fils :
▪ Takélot III (ou Takélot Saiset Mériamon – tklt sA-Ast mri-imn) « Takélot Fils d’Isis, aimé d’Amon » qui succéda à son père de 759 à 757.
▪ Roudamon (ou Mériamon Roudamon – mry-imn rwd-imn) « L’aimé d’Amon, Amon est ferme », qui succéda à son frère de 757 à 754.
▪ Nimlot III (ou Namlit – nAmjlt), qui n’est donné que par Kenneth Anderson Kitchen. Il fut Roi Roi d’Hermopolis Magma de 747 à 725.
Takélot III
- Hr wAD-tAwi
- nbti wAD-tAwi
- bik nbw wAD-tAwi
- wsr-mAat-ra~~stp.n-imn
- tklt~~sA-Ast mri-imn , nTr-HqA-wAst

Date de règne
(764) 759 – 757 : P.A.Clayton, T.Schneider, P.Vernus, J.Yoyotte
771 – 767 : P.A.Piccione
767 – 755 : S.Quirke, J.von Beckerath
764 – 757 : N.Grimal
750 – 720 : D.B.Redford
749 – 747 : I.Shaw
744 – 759 : A.M.Dodson
758 – ? : É-Drioton
Manéthon ne le nomme pas. Il fut le fils d’Osorkon III et de la Reine Tentsai. Il fut Grand Prêtre d’Amon à Thèbes en 775, puis co-Roi de Léontopolis de 764 à 759 avec son père, comme en témoigne l’inscription N°13 du Nilomètre de Karnak, puis devint Roi de 759 à 757. Takélot III est certifié par plusieurs documents : Une stèle de la donation de Gourob (ou Medinet el-Ghourab) qui l’appelle « Le premier Prophète d’Amon-Rê, Général et Commandant Takélot« , un bloc de pierre d’Héracléopolis l’appelle « Le chef Per Sekhemkhéperrê, le fils du Roi par Tentsai ».
Sa durée de règne, aujourd’hui admise à 7 ans, est depuis quelques temps fortement remise en cause.
Ces 7 années, confirmées par un graffito trouvé sur le toit du temple de Khonsou furent longtemps considéré comme la date la plus élevée de son règne. Toutefois, en Février 2005, une stèle en hiératique fut mise au jour par l’université archéologique de Colombie dans les ruines d’un temple de l’oasis de Dakhla. Celle-ci fait état d’un an 13 du souverain. Comme le précise Olaf E.Kaper et Robert Johannes Demarée, l’analyse de ce document daté, établi de façon concluante l’identité du Roi concerné, comme étant bien Takélot III.
La stèle mesure la entre 42-48 cm de large et 47-51 cm de haut pour entre 10-16 cm d’épaisseur. Cette découverte vient changer considérablement la durée de règne de Takélot III et la chronologie de la dynastie. Le Gouverneur de la région mentionné sur la stèle est Nesdjehouti (ou Esdhuti), qui apparaît comme le Chef des Libyens Shamin.

Temple d’Osiris Heka-Djet à Karnak
Comme nous le précise Jacobus Johannes Janssen, une plus petite stèle découverte également dans l’oasis, signalant le même Gouverneur et datée de la même époque, remonte à l’an 24 du Roi de Napata Piânkhy (ou Piye – 747-716). Selon l’égyptologue, cela signifie que Takélot III et Piânkhy étaient contemporains pendant leurs règnes respectifs, contrairement à ce que l’on pense encore aujourd’hui. Il suggère qu’un graffito important à l’ouâdi-Gasous, qui relie l’an 19 d’un souverain Thébain local à l’an 12 du Roi Nubien équivaut à l’an 19 de Takélot III, plutôt que Roudamon comme noté aujourd’hui. Il aurait été sculpté avant la conquête de l’Egypte par Piânkhy.
Toutefois, de nouvelles données sur le graffito publiées par Claus Jurman ont daté la sculpture à la XXVe dynastie, plutôt que XXIIIe. Cela signifie que l’an 19 ne peut pas être affecté à Takélot III, il appartiendrait probablement à Taharqa. Frédéric Payraudeau à noté que Takélot III avait probablement gouverné l’Égypte pendant un minimum de 14 ans. Il fonde son interprétation sur le témoignage du Papyrus Berlin 3048, le seul document administratif en notre possession de cette époque pour toute la période Libyenne.
Une chefferie Mâ (ou Mâchaouach), constituée à Saïs vers 767 et dirigée par un Osorkon, étendit son pouvoir : Vers l’Ouest au détriment des chefs Libyens, vers le Nord en s’emparant de la ville de Bouto et vers le Sud en direction de Memphis. Takélot III ne contrôla plus alors que la Haute-Égypte. Il fit construire le temple d’Osiris à Karnak.
On ne sait pas si Takélot III eut plusieurs épouses. Aidan Marc Dodson et Dyan Hilton, donnent le nom d’une, une certaine Irtioubast (ou Irtiubast) qui est nommée comme une « Fille du Roi » sur le cercueil de son fils, Osorkon. On ignore si ce fut elle qui donna les cinq enfants à Takélot III, dont deux fils. Cependant aucun ne règnera, peut-être moururent-il avant lui puisque ce fut son frère qui lui succéda :
Deux fils :
▪ Osorkon, qui fut peut-être Grand Prêtre d’Amon.
▪ Djedptahiefânkh, qui fut Deuxième Prophète d’Amon. Il est attesté par une statue (1734) aujourd’hui au musée de Tübingen et une stèle (CG 41006) de son arrière petite-fille Nakhtbasterou.
Trois filles :
▪ Disetnesout (ou Diisetnesit), qui fut mariée à un Vizir.
▪ Irbastetouadjetaou (ou Irbastetudjatjau), qui fut mariée à un Vizir.
▪ Tentsai, dont on ne sait rien. Une femme du même nom aurait été l’épouse de son oncle Roudamon, peut-être s’agit-il de la même personne ?
Roudamon ou Amonroud ou Rudamun ou Rudjamun
- Hr nb-mAat-xrw
- nbti Hkn-m-mAat
- ………………
- wsr-mAat-ra~~stp-n-imn
- mry-imn~~rwd-imn

Date de règne
757 – 754 : P.A.Clayton
767 – ? : P.A.Piccione
759 – 739 : A.M.Dodson
757 – 754 : N.Grimal
757 : T.Schneider
755 – 735 : S.Quirke, J.von Beckerath
? – 730 : É-Drioton
Manéthon ne le nomme pas. Il fut Roi de Léontopolis. Il fut le deuxième fils d’Osorkon III et de la Reine Tentsai, il succéda à son frère Takélot III, les trois fils de ce dernier devant sûrement être décédés avant lui. Les avis des historiens varient considérablement quant à la longueur de son règne, voire même si il a vraiment régné. C’est dû aux différentes interprétations des inscriptions de l’ouâdi Gasous (ou Gaouasis), qui décrivent ou pas l’an 19 de son frère.
Certain égyptologues tel que David Al Aston avancent le fait que Roudamon fut le Roi anonyme de cette an 19, alors que d’autres favorisent Takélot III à la place. Ils s’appuient sur la découverte en février 2005 dans l’oasis de Dakhla d’une stèle de donation datée de l’an 13 de Takélot III. Une autre alternative proposée par Gérard P.F.Broekman et Robert Johannes Demarée, est que le Roi de l’an 19 fut un certain Sheshonq VII, un nouveau Roi inconnu ?.
Les quelques inscriptions concernant Roudamon on été mises au jour : Sur des travaux de décoration dans le temple d’Osiris Heqadjet ; Sur plusieurs les blocs de pierre à Médinet Habou ; Sur un vase (photo) aujourd’hui au musée du Louvre ; Sur deux fragments de statuette en faïence qui portent son nom, trouvés à Hermopolis. Selon Olivier Perdu, cette découverte récente suggère que Roudamon, pendant son bref règne, réussit à préserver l’unité du royaume de son père en Haute-Égypte, allant au moins d’Héracléopolis Magna à Thèbes . En ce sui concerne son activité de bâtisseur on a connaissance de quelques travaux à Karnak dans le temple d’Osiris et peut-être à Médinet Habou.
Roudamon eut deux enfants, mais on ne connait pas avec certitude le nom de son épouse, il est quelques fois avancé une certaine Tentsai, mais il y a peut-être confusion avec sa nièce du même nom, ou bien celle-ci fut son épouse ? :
▪ Ioupout II (ou Ioupout Mériamon – iwpwt mri-imn) « Ioupout aimé d’Amon » qui succéda à son père de 754 à 715.
▪ Irbastnoubnéfou (ou Irbastnubnefru) qui épousa le Roi d’Héracléopolis, Payeftjaouembastet (754-720).
Ioupout II ou Iupet ou Auput
- ………………
- ………………
- ………………
- wsr-mAat-ra~~stp.n-imn
- iwpwt~~mri-imn , sA-bAstt~~mri-imn
Zêt (Manéthon)

Date de règne
754 – 715 : P.A.Clayton, N.Grimal
752 – 718 : F.Gomaà
760 – 727/25 : T.Schneider, J.von Beckerath
756 – 724 ? : S.Quirke
756 – v.725 : G.Vittmann

Manéthon l’appelle Zêt (Africanus) et lui compte 31 ou 34 ans de règne (Africanus). Il fut Roi de Léontopolis. Il fut le fils de Roudamon mais le nom de sa mère est incertain, peut-être Tentsai. Il exerça un pouvoir limité à Léontopolis et à Thèbes. En 747, en plus de celui de Tanis et Léontopolis, trois nouveaux royaumes, qui existaient déjà prirent leur indépendance : Héracléopolis dirigé par Payeftjaouembastet (754-720) gendre de Roudamon, qui adopta la titulature royale, Hermopolis Magma dirigé par Nimlot III et Lycopolis (ou Assiout) dirigé par Padimenti I.
L’Égypte ne compta alors pas moins de cinq Rois qui furent à peine reconnus par les Grands Chefs de la province du Nord. Ioupout II s’allia avec le Roi de Tanis, Osorkon IV (730-715, XXIIe dynastie), puis au Roi de Saïs, Tefnakht I (727-716, XXIVe dynastie) pour tenter de contrecarrer la monté en puissance du Roi de Napata, Piânkhy (ou Piye, 747-716, XXVe dynastie) qui conduisait l’invasion Éthiopienne. Ce dernier partit avec son armée de sa capitale Napata et plaça rapidement sous son contrôle la région de Thèbes. Il nomma sa sœur Aménardis I comme Divine Adoratrice d’Amon (v.740-720) afin de mieux contrôler le clergé. Il fut couronné à Thèbes et devint « l’Horus qui a unifié les Deux Terres« .
En 716, il refoula dans le Delta la coalition Égyptienne menée par le Roi de Saïs, Tefnakht I qui tentait de réunifier le pays à son profit et qui comprenait : Ioupout II, Osorkon IV de Tanis et Nimlot III d’Hermopolis Magma. Piânkhy teint le siège, puis conquiert le grand centre religieux de Memphis, ce qui fit passer les « Roitelets » du Delta, dont Léontopolis, sous son obéissance.
Piânkhy mourut en 716, sans vraiment avoir « maté » complètement l’Égypte, ce que son successeur et demi-frère Chabaka (716-707/706) se chargera de faire. En 715, s’en fut fini de toutes les petites dynasties, les Kouchites restant seul maître du pouvoir. Selon Nicolas Grimal, le Roi Nubien aurait permis à Ioupout II de se maintenir au pouvoir en tant que Gouverneur de la région de Léontopolis. Il base sa proposition sur la stèle de la victoire du Gebel Barkal.
Un SHESHONQ VI aurait peut-être « régné » à Léontopolis après Ioupout II, mais son existence est plus que douteuse. La seule preuve de sa présence est un pendentif avec le nom SS (shesh). Toutefois il peut s’agir d’une inscription dénommant Sheshonq III (825-773, XXIIe dynastie).

Pour citer cet article
Joël Guilleux, « XXIIIe Dynastie (- 818 à – 715), ( Léontopolis ) », Antikforever, (2006 ?)
Bibliographie
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– The family of Takelot III and the « Theban » twenty-third dynasty, M.A. Leahy, Libya and Egypt c.1300–750 BC., School of Oriental and African Studies, London, Centre of Near and Middle Eastern Studies, and The Society for Libyan Studies, 1990.
Gérard P.F.Broekman, Robert Johannes Demarée et Olaf E.Kaper :
– The Libyan period in Egypt : Historical and cultural studies into the 21st-24th dynasties : Proceedings of a conference at Leiden University, 25-27 october 2007, Nederlands Instituut voor het Nabije Oosten Leiden, 2009 – Peeters, Leuven, 2009.
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– The complete royal families of ancient Egypt, Thames and Hudson, London, Septembre 2004 et Février 2010.
Richard A.Fazzini :
– Egypt Dynasty XXII to XXV, E.J.Brill, Leiden, New York, 1988.
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– Handbook of ancient egyptian chronology, Handbook of Oriental Studies : Section 1, the Near & Middle East, illustrated edition, Brill Academic Pubishers, Leiden, Décembre 2005 et Octobre 2006.
Karl Jansen-Winkeln :
– Die 22.-24. Dynastie, Otto Harrassowitz, Wiesbaden, 2007.
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– The smaller Dakhla stele, pp : 166-71, JEA 54, London, 1968.
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– Die namen des Rudjamun in der kapelle des Osiris-Hekadjet. Bemerkungen der 3. zwischenzeit non dem wadi Gasus-Graffito, pp : 69-91, GM 210, Göttingen, Janvier 2006.
Olaf E.Kaper et Robert Johannes Demarée :
– A donation stela in the name of Takeloth III from Amheida, Dakhleh oasis, pp : 19-37, Jaarbericht Ex Oriente Lux (JEOL) 39, 2006.
Kenneth Anderson Kitchen :
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Frédéric Payraudeau :
– Le règne de Takelot III et les débuts de la domination la Koushite, pp : 79-90, GM 198, Göttingen, 2004.
Olivier Perdu :
– Le Roi Roudamon en personne !, pp : 151-178, RdE 53, Paris, 2002.
Thomas Schneider :
– Lexikon der Pharaonen, Artemis, Zuürich, 1994 – Avec Arne Eggebrecht, Deutscher Taschenbuch, München, 1996 – Artemis & Winkler, Düsseldorf, 1997 – Albatros, Düsseldorf, 2002.